22 Février

C'est parti ! Ma formation arrive à un point critique fort intéressant, puisque je débute bientôt le cursus pilote cadet Air France. Ce sera le 22 février prochain à l'EPAG (Ecole de Pilotage Amaury de la Grange), à Merville (Nord).

Par conséquent, le blog devrait revivre d'ici peu de temps...
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Des vagues en l'air

Nuage d'onde orographiqueL’atmosphère, quelquefois, se fait rattraper par des envies d’océan enfouies dans son subconscient. Alors notre air protecteur se met à créer d’invisibles vagues.

Cette onde, il la crée en s’aidant de chaines montagneuses qu’il souffle avec un vent perpendiculaire a leurs lignes de crêtes. Percutant cet obstacle terrestre, l’air en mouvement se retrouve ensuite a décrire des vagues aériennes, nous rappelant qu’il est avant tout un fluide.
Cette frénésie d’ascensions et de descentes successives demeurent parfois invisibles à l’œil humain, et peuvent ainsi occasionner quelque risque aéronautique. Le phénomène, quelquefois très puissant comme à l’Est de la cordillère des Andes par un vent de l’Ouest, est en effet capable de générer de sévères turbulences. A l’opposé, il peut ravir quelques vélivoles tentés par des ascensions hors du commun à l’aide de cette onde orographique.
Mais si les conditions le permettent, les vagues se matérialisent en leurs sommets et en leurs creux. C’est ici un creux qui se révèle sous forme d’un rotor nuageux, après qu’un vent de Nord-Ouest ait rencontré les Southern Alps, chaine montagneuse de l’ile du sud de la Nouvelle-Zélande.

Apres avoir sculpté quelques nuages arrondis l’onde continuera sa route pour échanger avec l’Océan Pacifique quelques molécules d’oxyde de dihydrogène, nourrissant leur éternel cycle et fournissant aux météorologues une source intarissable de travail.
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Le vieux Convair

Convair 580, Air ChathamsLa société de consommation a ceci d'irritant que de nos jours chaque bien ou produit semble posséder une durée de vie très limitée. Ce concept a envahi quasiment toutes les chaines de production, du grille-pain à l'automobile.

Bien heureusement, certaines créations peuvent encore témoigner de la capacité de l'homme à réaliser des machines fiables et durables. Le vieux Convair est de celles-ci.
Avec 52 années de travail dans les ailes et qui sait combien de tours de la Terre parcourus, il fait partie de ces rares machines qui ont encore une activité commerciale à un âge où d'autres se reposent déjà dans des musées.

Et il fait fort bien son travail, ce Convair 580 d’Air Chathams. Du lundi au samedi il survole de magnifiques ilots du Pacifique et permet à leurs habitants de se déplacer vers le monde entier. Pas de pilote automatique, pas de FMS, juste deux humains s'appliquant pour trouver les minuscules terrains perdus dans l'océan.

Vole, avion ! Car là est ta vérité comme dirait A. de St Exupery.
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Pionniers dechus

Il est bien loin le temps des pionniers de l'aviation, de ceux qui devaient se battre pour traverser océans, déserts et chaînes montagneuses.
Chaque nouvelle génération d'appareils enterre plus profondément cette époque. En 70 ans, l'industrie aéronautique s'est formidablement fiabilisée et a réussi a transformer l'avion en un espace confiné, clairement hors du temps météorologique et chronologique.

Finie l'époque de l'Aeropostale où l'on slalomait entre les crêtes des Andes cherchant la sortie, où l'on volait à 20 mètres au dessus d'une mer sous le mauvais temps et où régulièrement une avarie conduisait un pilote à se poser sur une surface peu amicale.

Aujourd'hui, assis dans un A380 tout neuf, j'entends à peine la mise en puissance des 4 monstrueux réacteurs, puis la traversée du monde en 24 heures ne me pose pas d'autre problème majeur que le choix des films que je vais visionner.

Dans cette évolution le pilote a perdu une partie de son aura d'aventurier. Il n'est plus le même, il observe avec plus de recul. Mais son siège reste situe dans le plus magnifique des open spaces jamais conçus !
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Paradoxe reciproque

Ciel de Cirrus
En l'air, la plus belle chose se présentant à mes yeux est la Terre, ce sol duquel on est si heureux de s'envoler depuis à peu près un siècle. Je ne la quitte presque pas du regard, et d'ailleurs pour le vol à vue c'est plutôt mieux.
A tous les autres instants, je me trouve sur la surface terrestre et je n'ai d'yeux que pour le ciel, ses créations nuageuses, son parfait bleu et ses avions.

A regarder en permanence vers le sol quand je suis dans le ciel et vers le ciel quand je suis au sol, je me dis que l'insatisfaction est profondément ancrée en mon être.

Mais au moins, j'ai de quoi m'occuper pour pas mal de temps !
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La théorie du Fromage Suisse

Swiss cheese model
"La probabilité d'un crash aérien est équivalente à la probabilité qu'on puisse tirer un trait bien droit qui traverse tous les trous d'un gruyère coupé en tranches". Cette phrase extraite du film Ma Vie en l'Air (avec Vincent Elbaz et Marion Cotillard) résume parfaitement la théorie des plaques de James T. Reason, appelée Swiss Cheese model.

Selon cette conceptualisation, chaque plaque est à la base un rempart empêchant un accident de survenir. A priori, ces plaques sont conçues pour ne jamais être traversées. Cependant, il existe pour chacune une probabilité très faible de passer outre, et ainsi subsiste une infime probabilité de toutes les traverser en même temps. Cette occurrence, tellement rarissime qu'on la juge impossible, c'est un accident.

Cette méthode d'analyse permet de bien rappeler qu'un accident est la conséquence de causes multiples, chacune étant absolument exceptionnelle. Tenter d'expliquer la disparition d'un appareil avec des renseignements très limités ne semble ainsi pas possible. C'est malheureusement ce à quoi se sont récemment essayés les médias, répandant un lot de suppositions infondées et d'erreurs en tout genre.

La disparition d'un avion et de ses occupants est tragique. Mais le transport aérien reste avant tout d'une fiabilité remarquable. Car à chaque fois qu'une de ces plaques est traversée, une analyse minutieuse est réalisée afin d'en comprendre les causes et de ne plus rencontrer cette situation.
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Crise et évolution

Corsair F4U à la Ferté AlaisL'homme a une tendance marquée à évoluer beaucoup plus rapidement en période de crise. Durant la seconde guerre mondiale, l'industrie aéronautique a ainsi réalisé un gigantesque bon en avant.

Au cours de ces années hostiles, des avancées techniques fulgurantes furent effectuées, et ce qui fut utilisé pour tuer évolua ensuite pour trouver des applications fort intéressantes dans nos vies modernes. Le réacteur notamment, équipant la quasi-totalité de nos avions de lignes, trouva ses racines autour de quelques avions conçus vers la fin du conflit de 39-45.

Cette photographie montre l'une des merveilles techniques de cette période, le Corsair. Il fut un chasseur redoutable, doté d'un moteur à pistons de 2000cv et d'une voilure atypique en "ailes de mouettes inversées".

Comme d'autres secteurs, le transport aérien a largement bénéficié des investissements massifs réalisés à l'époque pour le développement de nos machines volantes. Presque 70 ans plus tard, les avions ont été largement modernisés mais les concepts de base restent les mêmes.

Espérons que la prochaine révolution technologique pour l'aéronautique ne trouve pas sa source dans un conflit.
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Celui qui transforma le transport aerien

Douglas DC3 F-AZTE a la Ferte AlaisDans l'histoire de l'aviation, certaines machines volantes ont contribué plus que d'autres au développement du transport aérien.

Le DC3, lui, a littéralement transformé cette activité. Pour cause, son autonomie record a offert aux transporteurs aériens un atout essentiel dans notre monde capitaliste : la rentabilité.
Et oui, malgré leurs pertes régulières, les compagnies aériennes tentent de gagner un peu plus qu'elles ne dépensent, histoire de survivre.

Cet appareil fut notamment un allié précieux d'Air France, et celui présenté ici est le magnifique exemplaire toujours volant de l'association France DC3. Aux couleurs historiques de KLM sur son flanc gauche et d'Air France sur son côté droit, il est régulièrement présenté en démonstration lors de meetings aériens comme celui de l'Amicale Jean-Baptiste Salis à la Ferté Alais.

Preuve de sa suprématie, plusieurs DC3 sont encore aujourd'hui utilisés commercialement. Le premier vol de cette machine remontant à 1935, c'est une carrière plutôt remarquable pour une machine du XXè siècle.

Merci l'avion ! C'est un peu grâce à toi que tant de pilotes de ligne ont un métier aujourd'hui.
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"C'est bien comme métier ?"

Il y a quelques jours, participant à une rencontre avec des collégiens pour parler de leur avenir, un élève de 6è âgé de 11 ans seulement vient me voir pour se renseigner. A peine après nous être présentés, il m'envoie la question fatale : "C'est bien comme métier ?".

Son interrogation sur la vie de pilote de ligne est si simple et directe qu'elle en est déstabilisante. Esquissant un sourire, je rassemble rapidement toutes les motivations qui m'animent pour ce métier et tente ensuite de les exprimer aussi simplement que la question m'a été adressée. En fait cet exercice joue sur moi le rôle d'une introspection éclair, je me prends au jeu et réalise qu'il y a vraiment beaucoup d'aspects qui m'attirent sur ce métier et que je pourrais en parler pendant pas mal de temps !

Après quelques phrases les plus concises possible, son ressenti est lancé tout en sourire : "ça a l'air bien !". Soulagement d'avoir réussi à lui faire passer mon message.

Mon but ne fut pas de le convaincre que pilote de ligne c'est le plus beau métier du monde (c'est tellement évident) mais plutôt de lui montrer que dans un choix de carrière, on peut suivre ses envies et ses passions.
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Paris plage

Paris Plage normalement c'est l'été que ça se passe. Mais avec un Cessna on peut avancer dans le temps. Nous voilà donc partis pour une balade aérienne vers l'authentique Paris Plage : Le Touquet.

C'est le dernier jour de l'hiver, la fée météo nous veut du bien et une fois au-dessus de la brume, l'ambiance est magique. Le calme absolu, un bleu infiniment pur et des jeux de lumières surréalistes sur la couche juste en-dessous, de quoi souhaiter rester en l'air toute une vie.
Traversée du Vexin, passage à l'est de Rouen, puis arrivée au-dessus des flots repoussés par de majestueuses falaises. La navigation est ensuite plutôt aisée, on garde la terre à droite et la mer à gauche, ce qui nous mène au Touquet.

Une fois intégrés puis posés sur la belle piste en dur juste avant un Dauphin de la Marine Nationale, nous profitons du beau temps pour marcher et s'organiser un picnic maritime. On n'est pas si loin de Paris mais le dépaysement est total.

Clairement, l'avion est un bel instrument de voyage.

Toussus - Le Touquet - Toussus, 2h54.
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